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Huit points clés à prendre en compte sur la gestion du pâturage lors de la planification de la saison à venir

La gestion efficace du pâturage est l’un des outils les plus efficaces dont disposent les producteurs de bovins de boucherie pour améliorer les performances de leurs bovins, accroître la productivité des pâturages et garantir la durabilité à long terme de leurs pâturages et de leur exploitation. Que vous souhaitiez affiner un plan de pâturage existant ou en élaborer un à partir de zéro, ces points sur la gestion du pâturage peuvent vous aider à tirer le meilleur parti de chaque acre.

1. Équilibrer l’offre et la demande en fourrage

Adapter le nombre d’animaux à la disponibilité fourragère permet d’éviter le surpâturage et de préserver la longévité des pâturages. Une règle couramment appliquée est le principe
 « prendre la moitié, laisser la moitié », selon lequel environ 50 % de la biomasse fourragère totale devrait demeurer après le pâturage. Cela contribue à maintenir la vigueur du peuplement et garantit qu’il reste suffisamment de feuillage pour permettre aux plantes de repousser. Toutefois, cette règle ne s’applique peut-être pas à toutes les régions.

2. Assurer un repos pendant la saison de croissance

Les plantes ont besoin de temps pour se rétablir, surtout après le pâturage. Le repos permet au système racinaire de se reconstituer et renforce les plantes afin qu’elles puissent résister à la pression du pâturage tout au long de la saison. Sans période de rétablissement suffisante, la productivité diminue, même si le pâturage semble modéré à court terme. Les systèmes de pâturage en rotation appuient ce principe en divisant les terres en plusieurs enclos et en faisant passer les bovins de l’un à l’autre en rotation, ce qui laisse aux plantes le temps de repousser entre les cycles de pâturage.

3. Reporter le pâturage pendant les périodes sensibles

Certaines périodes du cycle de croissance des plantes sont plus sensibles que d’autres. Un pâturage trop précoce au printemps, ou pendant les stades clés de la reproduction, peut réduire considérablement la vigueur des plantes. En reportant le pâturage pendant ces phases critiques, on permet aux plantes de constituer des réserves d’énergie et de conserver leur résilience à long terme.

4. Gérer pour une répartition uniforme du bétail

Les bovins ont naturellement tendance à surexploiter les zones proches de l’eau ou de l’ombre, à moins qu’on ne les incite à se disperser. Un pâturage uniforme permet de maintenir la santé du fourrage à travers tout l’enclos et réduit la surexploitation de certaines parcelles.

Il est recommandé de placer les blocs de sel et de minéraux loin des points d’eau, ce qui encourage les bovins à paître dans les zones moins exploitées et améliore la répartition. Idéalement, des sources d’eau devraient être disponibles à l’intérieur d’une distance de 600 à 800 pieds de toutes les zones d’un enclos afin de soutenir des schémas de pâturage uniformes.

5. Choisissez le système de pâturage adapté à votre exploitation

Les systèmes de pâturage couramment utilisés au Canada comprennent le pâturage continu et le pâturage en rotation. Le choix du meilleur système dépend de vos ressources, de vos objectifs et des caractéristiques spécifiques des terres que vous gérez.

grazing management facts for Canadian beef producers
Téléchargez notre guide de gestion du pâturage. (article offert en anglais seulement)

 Pâturage continu

  • Les bovins paissent dans un seul enclos pendant toute la saison
  • Coûts et gestion minimes
  • Baisse de la productivité des pâturages en raison du manque de repos et de rétablissement

Pâturage en rotation

  • Deux enclos ou plus pâturés en séquence
  • Favorise le rétablissement des plantes et stimule la productivité
  • Peut prolonger la saison de pâturage
  • Nécessite une planification plus poussée, ainsi que plus de travail pour l’aménagement des clôtures et des points d’eau.

6. Surveiller la qualité et l’approvisionnement en eau

Une eau propre et fiable est essentielle. Une mauvaise qualité de l’eau peut entraîner de graves problèmes de santé, voire la mortalité. Des études ont montré que les veaux ayant accès à de l’eau pompée peuvent prendre entre 16 et 18 lb de plus pendant la saison de pâturage par rapport à ceux qui s’abreuvent directement dans une mare-réservoir.1 Il est important d’analyser régulièrement l’eau, car sa qualité peut changer considérablement pendant les mois d’été.

7. Envisagez de pâturer des légumineuses

Les légumineuses telles que la luzerne et le trèfle peuvent améliorer considérablement la qualité du fourrage, mais certaines présentent un risque de ballonnement. Les nouvelles variétés de légumineuses non météorisantes, comme le sainfoin, démontrent une meilleure persistance et un meilleur rendement. Lorsqu’on intègre au moins 15 % de sainfoin dans un peuplement avec de la luzerne, le risque de ballonnement est réduit tout en conservant les avantages nutritionnels.

8. Évaluer régulièrement la capacité de charge

La capacité de charge, également appelée capacité de paissance, correspond à la quantité de fourrage disponible pour les animaux qui paissent dans un pâturage ou un champ donné. Le calculateur de capacité de charge du BCRC vous permet de déterminer la capacité de charge des pâturages selon deux méthodes : 1) des estimations fondées sur les guides provinciaux et 2) l’échantillonnage sur le terrain.

Ce que cela implique pour votre plan de pâturage

La gestion du pâturage est à la fois un art et une science. Bien que les principes fondamentaux demeurent les mêmes, chaque exploitation est unique selon le climat, le type de sol, les espèces fourragères, la taille du troupeau et les objectifs de production. En comprenant et en appliquant ces principes de base en matière de gestion, vous pouvez renforcer la résilience des pâturages, améliorer la performance du troupeau et mettre en place un système de pâturage plus durable à long terme.

References
  1.  Willms, W.D., Kenzie, O., McAllister, T., Colwell, D., Veira, D., Wilmshurst, J., Entz, T. and Olson., M. (2002). Effects of water quality on cattle performance. Journal of Range Management, 55:452-460. 

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