Chez soi sur le parcours 🎙️
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Cet article rĂ©digĂ© par le Dr Reynold Bergen, directeur scientifique du BCRC, a Ă©tĂ© initialement publiĂ© dans le numĂ©ro de d’avril 2026 du magazine Canadian Cattlemen et est reproduit sur BeefResearch.ca avec la permission de l’Ă©diteur.

Les Ă©leveurs sont frustrĂ©s lorsque leurs efforts pour amĂ©liorer le rendement et la qualitĂ© du fourrage ne profitent pas Ă leurs bovins, car ce sont les cerfs des environs qui en profitent Ă leur place. Mais il se peut tout simplement que la faune sauvage s’installe davantage dans la rĂ©gion parce qu’il y a moins d’espaces naturels oĂą elle peut vivre.
Imaginez ce qui se passe lorsqu’une rivière dĂ©borde. L’eau cherche le chemin le plus facile, elle suit donc le lit de la rivière. Les terrains surĂ©levĂ©s restent Ă dĂ©couvert et au sec. Des badauds se rassemblent sur les berges pour regarder passer le bois flottĂ©. Le niveau de l’eau monte, finissant par dĂ©border des berges et envahir la plaine inondable environnante. Les plus prudents quittent les lieux. D’autres grimpent pour atteindre un plus haut point d’observation. Les eaux de crue commencent Ă remonter le long des parois de la vallĂ©e. D’autres personnes partent, mais des spectateurs dĂ©terminĂ©s grimpent jusqu’au sommet de la vallĂ©e. Les hautes crĂŞtes qui bordent le sommet de la vallĂ©e fluviale restent exposĂ©es et reliĂ©es entre elles. Finalement, l’eau qui monte entoure les points Ă©levĂ©s, inonde les zones basses qui les relient et isole les sommets les uns des autres. Il ne reste alors que de petites Ă®les, bondĂ©es de badauds qui remettent en question leurs dĂ©cisions, vĂ©rifient la rĂ©ception de leur tĂ©lĂ©phone portable et scrutent le ciel Ă la recherche d’hĂ©licoptères.
On observe un phĂ©nomène similaire en ce qui concerne la biodiversitĂ© des parcours. L’augmentation de la population mondiale fait grimper la demande alimentaire. Les mesures d’incitation en faveur des biocarburants soutiennent les prix des cultures. Ă€ condition qu’il y ait suffisamment d’ensoleillement et d’humiditĂ©, ces prix Ă©levĂ©s rendent tentant de cultiver des parcours marginaux pour produire des cultures commerciales, et des programmes d’assurance-rĂ©colte avantageux peuvent donner l’impression qu’il s’agit d’un pari sĂ»r. Ă€ mesure que la superficie cultivĂ©e s’Ă©tend, l’habitat de la faune sauvage rĂ©trĂ©cit. Si trop de fourrages et de pâturages sont convertis en cultures, les Ă®lots d’herbe restants seront trop petits et trop Ă©loignĂ©s les uns des autres pour permettre le bon fonctionnement de l’Ă©cosystème des prairies.
Tim McAllister, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, et des collaborateurs de l’Alberta Biodiversity Monitoring Institute ainsi que d’universités d’Égypte, d’Alberta, de Toronto et du Manitoba ont utilisé l’Alberta comme étude de cas pour évaluer l’impact sur la biodiversité d’une conversion continue des prairies de fauche et des pâturages en terres cultivées (Divergent trends in structural landscape connectivity from historic and potential future grassland conversion in Alberta, Canada).
Ce qu’ils ont fait
Ils ont examinĂ© les six rĂ©gions naturelles de l’Alberta : la rĂ©gion des prairies au sud, la rĂ©gion borĂ©ale boisĂ©e au nord, la rĂ©gion de la forĂŞt-parc au centre, les contreforts et les Rocheuses Ă l’ouest, ainsi que le Bouclier canadien au nord-est. La majeure partie de la production de pâturages et de bovins se concentre dans les rĂ©gions des prairies, de la forĂŞt-parc et des contreforts. Le Système canadien de classification des terres selon leurs aptitudes classifie les terres en fonction de leur potentiel pour la culture des petites cĂ©rĂ©ales et des olĂ©agineux. Les classes 1, 2 et 3 sont les plus productives. Les classes de terres 6 et 7 ne sont tout simplement pas aptes Ă l’agriculture. L’Ă©quipe de recherche a modĂ©lisĂ© l’impact que pourrait avoir sur la biodiversitĂ© la conversion des pâturages artificiels et indigènes des classes de terres 2, 3, 4 et 5 en terres cultivĂ©es.
Ce qu’ils ont appris
De vastes Ă©tendues de pâturages et de prairies (ainsi que d’habitats fauniques) ont dĂ©jĂ disparu, mais la situation pourrait encore s’aggraver.
RĂ©gion des prairies : Près de 85 % de la connectivitĂ© d’origine de la rĂ©gion des prairies subsiste encore (par rapport Ă la situation avant le dĂ©but des conversions en terres agricoles en Alberta). Si la culture venait Ă s’Ă©tendre pour engloutir les terres de classes 2, 3, 4 et 5, 66 % des prairies restantes seraient perdues et il ne resterait qu’environ 50 % de la connectivitĂ© d’origine. Cela pourrait avoir de sĂ©rieuses rĂ©percussions nĂ©gatives sur la biodiversitĂ© des prairies. Certains des corridors restants permettraient aux animaux sauvages de se dĂ©placer vers les rĂ©gions voisines. Par exemple, les corridors de prairies restants permettraient encore une certaine migration de la biodiversitĂ© vers les rĂ©gions des collines Cypress, des contreforts ou de la forĂŞt-parc. Mais ce serait un long trajet pour une chevĂŞche des terriers.
RĂ©gion de la forĂŞt-parc : des prĂ©cipitations plus abondantes favorisent la croissance des arbres, ce qui soutient diffĂ©rents types de biodiversitĂ©. En raison du dĂ©boisement et de l’agriculture, il reste environ 55 % de la connectivitĂ© d’origine dans la rĂ©gion de la forĂŞt-parc. Si la culture s’Ă©tendait Ă l’ensemble des terres restantes de classes 2, 3, 4 et 5 dans la rĂ©gion de la forĂŞt-parc, 87 % des prairies restantes seraient perdues et il resterait environ 40 % de la connectivitĂ© d’origine. Certains corridors resteraient suffisamment intacts pour permettre Ă la faune de se dĂ©placer vers le nord, vers la rĂ©gion borĂ©ale, ou vers le sud, vers la rĂ©gion des prairies.
Région des contreforts : La région des contreforts conserve encore une connectivité importante, probablement parce qu’elle a absorbé une partie de la biodiversité poussée hors de la région des prairies. Par exemple, les grizzlis, les wapitis et les loups étaient autrefois courants à travers les prairies, mais on les trouve aujourd’hui principalement dans les contreforts ou les Rocheuses. Près de 80 % des prairies restantes dans la région des contreforts seraient perdues si les terres restantes de classes 2, 3, 4 et 5 étaient cultivées, et la connectivité serait encore davantage réduite. Certains des corridors des régions voisines des Rocheuses ou des prairies resteraient intacts.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Quel que soit l’endroit oĂą vous Ă©levez vos bovins au Canada, la culture (ainsi que l’Ă©talement urbain, le dĂ©veloppement industriel, les autoroutes, les rĂ©servoirs, les parcs solaires et d’autres marques du progrès non prises en compte dans cette Ă©tude) menace les prairies, la connectivitĂ© et la biodiversitĂ©. Le maintien des terres en prairies destinĂ©es Ă l’élevage bovin constitue une solution fondĂ©e sur la nature pour lutter contre la perte de biodiversitĂ© et contribue Ă prĂ©server l’intĂ©gritĂ© des Ă©cosystèmes.
En bref
Il suffit de quelques heures pour cultiver un pâturage, mais il faut des années pour le rétablir. Les producteurs de bœuf canadiens jouent un rôle essentiel dans la préservation des espaces naturels du Canada, offrant des habitats et des corridors de déplacement clés qui connectent des populations et des écosystèmes sains. Bon Jour de la Terre.
Le Beef Cattle Research Council est une organisation industrielle à but non lucratif financée par le Prélèvement national sur les bovins de boucherie. Le BCRC s’associe à Agriculture et Agroalimentaire Canada, aux groupes provinciaux de l’industrie bovine et aux gouvernements afin de faire progresser le transfert de la recherche et de la technologie à l’appui de la vision de l’Industrie canadienne du bœuf, qui est d’être reconnue comme un fournisseur privilégié de bœuf, de bovins et de génétique sains et de haute qualité. Apprenez-en davantage sur le BCRC sur le site www.BeefResearch.ca./fr
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