D'un bout de fil métallique à des aliments contaminés : prévenir les risques liés aux corps étrangers dans les élevages de bovins de boucherie
La consommation de corps étrangers et de toxines par les bovins de boucherie peut entraîner des problèmes de santé graves, une baisse de performance et des pertes économiques. Les éleveurs de bovins canadiens mettent un point d’honneur à gérer leurs exploitations avec le plus grand soin, qu’il s’agisse d’assurer une alimentation adéquate, de préserver leurs terres ou de garantir d’excellentes conditions de vie aux animaux. Pourtant, même avec les meilleures intentions du monde, des corps étrangers et des toxines peuvent s’introduire insidieusement dans les aliments, l’eau ou les pâturages. Comprendre d’où ils proviennent et comment prévenir l’exposition est essentiel pour protéger votre troupeau.
Des corps étrangers et des toxines s’introduisent souvent dans le cadre des activités agricoles quotidiennes, telles que la réparation des clôtures, l’utilisation d’équipements, la distribution de foin ou la gestion des cultures endommagées par les intempéries. Un petit bout de fil de fer, un reste de filet d’emballage ou une source d’alimentation contaminée peuvent sembler insignifiants, mais s’ils sont ingérés par les bovins, ils peuvent entraîner des problèmes de santé, une baisse de performance, voire la mort.
Comprendre la maladie du matériel (réticulopéritonite)

Lorsque les bovins ingèrent des objets métalliques pointus, tels que des clous ou des bouts de fil de fer, ceux-ci peuvent se loger dans le réticulum et irriter ou perforer la paroi de l’estomac. Dans les cas les plus graves, ces corps étrangers peuvent se déplacer et endommager le cœur, entraînant une maladie grave, voire la mort. Cette affection, connue sous le nom de « maladie du matériel » (ou réticulopéritonite traumatique bovine), peut s’avérer à la fois dangereuse et coûteuse.
Les signes de la maladie du matériel comprennent :
- Dépression ou apathie
- Inconfort général (par exemple, grincement des dents, grognements)
- Dos voûté
- Perte d’appétit
- Gonflement de la poitrine
- Dégradation de l’état corporel
Les sources courantes de fragments métalliques comprennent les câbles fixés aux clôtures ou aux mangeoires, les débris provenant des équipements de transformation des aliments pour animaux et les déchets métalliques laissés au sol. La prévention est essentielle et plusieurs mesures préventives peuvent être mises en œuvre, notamment :
- Utiliser des aimants ou des tamis pour éliminer les éventuels débris présents dans les aliments.
- Recouvrir les câbles métalliques de gaines en plastique.
- Éviter les matériaux qui se détériorent avec le temps.
- Assurer un entretien régulier des équipements et des installations.
- Veiller à la propreté des enclos et des zones d’alimentation.
Ficelle et filet d’emballage : Un risque évitable
La ficelle et les filets d’emballage comptent parmi les corps étrangers les plus fréquemment ingérés par les bovins, mais constituent également l’un des problèmes les plus faciles à éviter. Ces matériaux sont indigestes et peuvent s’accumuler dans le rumen, entraînant des obstructions et des lésions du tube digestif.
Parmi les signes indiquant une ingestion de ficelle ou de filet, on peut citer :
- Perte de poids
- Douleurs abdominales
- Mauvais état du poil
- Léthargie
- Diarrhée
- Bloating
- Difficultés à déféquer
La prévention, c’est essentiel
Une fois ingéré, il n’y a pas de solution miracle. Prendre quelques minutes supplémentaires pour retirer et éliminer correctement les ficelles et les filets d’emballage avant l’alimentation, effectuer un entretien régulier des équipements et des installations, et inspecter les zones d’alimentation à la recherche de corps étrangers peut éviter bien des problèmes par la suite.
Les toxines qui mettent les bovins en danger
Les toxines peuvent être difficiles à détecter mais leurs effets peuvent être graves. L’exposition à des toxines peut entraîner une diminution de l’appétit et une baisse des performances ou, dans certains cas, une maladie soudaine ou la mort.
Parmi les toxines les plus courantes auxquelles les bovins de boucherie peuvent être exposés, on peut citer :
- Mycotoxines provenant d’aliments contaminés ou moisis
- Le botulisme provoqué par des carcasses en décomposition, de l’ensilage avarié ou du foin mal conservé
- Nitrates provenant de plantes soumises à des conditions climatiques difficiles ou d’une fertilisation azotée excessive
- L’acide prussique présent dans des plantes telles que le sorgho, le sorgho du Soudan, le sorgho d’Alep, le cerisier et les graines de canola traitées (le risque augmente en cas de sécheresse ou de stress dû au gel)
- Plantes toxiques, notamment la pruche, la ciguë maculée, le zigadène vénéneux, le lupin, l’érable rouge, le chêne, les oxytropes, l’aconit, la tanaisie, le séneçon, la tanaisie vulgaire, la jusquiame noire, le tabouret des champs et le pied-d’alouette glauque.
- Le plomb provenant de piles éliminées de manière inappropriée, de sources d’eau contaminées, de canalisations en plomb ou de peintures à base de plomb
Prévenir l’exposition aux toxines
Prévenir l’exposition aux toxines passe par la sensibilisation, la surveillance et de bonnes pratiques de gestion :
- En cas de doute, procédez à des tests : testez les aliments pour animaux et les sources d’eau soupçonnés d’être contaminés ou considérés comme présentant un risque élevé (p.ex., les résidus de criblage, les drêches de distillerie).
- Surveillez les conditions météorologiques : le taux d’humidité pendant la croissance et la récolte influe sur le risque de mycotoxines. Par exemple, des conditions fraîches et humides pendant la floraison favorisent le développement de l’ergot, tandis que des conditions chaudes et humides favorisent celui du fusarium.
- Entreposage adéquat des aliments pour animaux : Entreposez les aliments au sec et dans un endroit bien aéré afin d’éviter la formation de moisissures et l’altération des aliments.
- Vaccination: Les programmes de vaccination peuvent contribuer à protéger contre certaines toxines, telles que le botulisme ou les maladies à Clostridium.
- Conseils d’experts : collaborez avec votre nutritionniste et votre vétérinaire pour élaborer des régimes alimentaires équilibrés et surveiller l’exposition aux toxines. En cas de soupçon, contactez votre vétérinaire pour confirmer et documenter l’exposition aux toxines.
- Pratiques de gestion : Pratiquer la rotation des pâturages, éviter le surpâturage et inspecter régulièrement les champs, en particulier après un gel ou une sécheresse, afin de réduire au minimum l’exposition aux plantes toxiques et aux aliments moisis. Vérifier régulièrement la présence de sources de plomb dans les pâturages, telles que des piles usagées.
- Éducation et sensibilisation : Tenez-vous informé grâce aux programmes de vulgarisation, aux associations de l’industrie, aux agronomes et aux autres conseillers agricoles. Envisagez de mettre en place un plan de prévention afin d’identifier les dangers et de réduire les risques.
Quelques mesures proactives permettent d’empêcher les bovins d’accéder à des corps étrangers et à des substances toxiques, ce qui est essentiel pour préserver la santé du troupeau, garantir ses performances et limiter les pertes qui pourraient être évitées. Prendre le temps de parcourir les pâturages et les zones d’alimentation, et d’inspecter régulièrement les bovins, les installations, les aliments et les points d’eau peut aider à détecter les problèmes à un stade précoce.
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