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Votre taureau est-il prêt? Une approche de gestion des taureaux à l’année
Tout producteur vache-veau a déjà vécu cette situation ou connaît quelqu’un qui l’a vécue. La saison de reproduction touche à sa fin et tout semble être en ordre, jusqu’à ce que les contrôles de gestation d’automne racontent une histoire différente : des vaches vides, des vêlages tardifs et une période de reproduction qui s’est étendue plus que prévu. Bien que la nutrition, l’état corporel et la gestion des vaches soient fréquemment évalués, un facteur essentiel est souvent sous-estimé : le taureau.
Le plus frustrant, c’est qu’il n’y a souvent aucun signe avertisseur évident pendant la période de reproduction. Le taureau a été mis avec les vaches, il a monté les vaches et semblait effectuer son travail. En surface, tout semblait normal.
C’est précisément pour cette raison qu’un examen d’aptitude à la reproduction pour les taureaux (EART) est plus important que beaucoup d’éleveurs ne le pensent. C’est l’une des rares occasions d’éliminer une partie des conjectures quant à la performance du taureau.
Dans une exploitation vache-veau, les taureaux reçoivent beaucoup d’attention pendant quelques mois de l’année et très peu une fois la saison de reproduction terminée. En réalité, la valeur d’un taureau ne commence pas le jour de sa mise au troupeau et ne s’arrête certainement pas à la fin de la saison de reproduction. C’est une gestion à l’année qui permet aux taureaux d’être performants quand ça compte.
La meilleure façon d’anticiper les problèmes est de considérer la gestion des taureaux comme un cycle et non comme une simple saison. La manière dont un taureau est géré au cours des mois précédant et suivant sa mise au troupeau a tout autant d’importance que ce qui se passe pendant la reproduction et détermine souvent le déroulement de cette saison.
Phase de conditionnement pré-reproduction (environ deux mois avant la reproduction)
Avant même que votre taureau soit mis en présence d’une vache, son aptitude à la reproduction devrait être évaluée, et non présumée. Un EART, associé à la notation régulière de l’état corporel, constitue l’un des outils les plus simples et les plus efficaces disponibles. De nombreux producteurs planifient les EART de six à huit semaines avant la saison de reproduction, ce qui leur laisse le temps de corriger les problèmes éventuels sans procéder aux tests trop tôt, au risque que des problèmes de fin d’hiver, comme les engelures, influent sur les résultats.
L’état corporel joue un rôle important dans les performances des taureaux. Les taureaux trop maigres manquent souvent d’endurance et de libido, tandis que les taureaux en surpoids peuvent avoir des difficultés de mobilité et de fertilité. Dans les deux cas, les taux de conception peuvent souffrir. Idéalement, les taureaux devraient aborder la saison de reproduction avec une note d’état corporel comprise entre 2,5 et 3 : en forme, mobiles et prêts à travailler.
À ce stade, la préparation est essentielle :
Planifier et réaliser un EART
Viser une note d’état corporel comprise entre 2,5 et 3 (sur une échelle de 5 points)
S’assurer que les vaccinations et la lutte contre les parasites sont à jour
Vérifier l’aptitude et la mobilité des pattes, des jambes et des sabots
Comprendre l’examen d’aptitude à la reproduction pour les taureaux
Mettre au troupeau un taureau incapable de féconder est l’une des erreurs les plus coûteuses qu’un éleveur puisse commettre et, malheureusement, cela n’est pas toujours évident. C’est là qu’un examen d’aptitude à la reproduction pour les taureaux (EART) réalisé par un vétérinaire devient indispensable.
Un EART évalue bien plus que la qualité du sperme en examinant la capacité globale du taureau à reproduire, depuis ses pattes et ses membres jusqu’à sa fertilité. L’objectif est simple : identifier les taureaux qui permettront de féconder efficacement les vaches et signaler ceux qui ne le feront pas.
La fertilité n’est pas immuable. La maladie, les blessures, les gelures, la nutrition et l’âge peuvent tous affecter la capacité de reproduction. Un taureau qui a passé l’examen l’année dernière n’est pas assuré de le passer à nouveau cette année.
Le Dr Tommy Ware, de Veterinary Agri-Health Services, qui procède à un examen d’aptitude à la reproduction chez un taureau
Procédure d’un EART
Historique — Avant même que le taureau n’entre dans le couloir de contention pour l’examen, l’histoire commence sur papier.
Recueillez des informations générales, notamment l’âge, la race, les résultats des EART précédents, l’historique du troupeau, les antécédents médicaux, la gestion hivernale, la nutrition, la vaccination et l’état de la lutte contre les parasites.
Passez en revue toutes ces informations avec votre vétérinaire afin d’avoir une vision complète de l’état de santé avant de commencer l’examen physique. Même un événement tel qu’une fièvre ou une blessure survenue plusieurs semaines auparavant peut encore affecter la qualité du sperme au moment du test.
Examen physique — L’aptitude est importante. Un taureau présentant des problèmes aux pattes ou des défauts structurels peut avoir une bonne qualité de sperme, mais ne pas être en mesure de mener à bien l’acte de reproduction. L’examen physique comprend :
Notation de l’état corporel
Évaluation de la conformation, de la structure et de la vue
Évaluation de la capacité du taureau à se déplacer, à monter et à s’accoupler
Examen reproductif — Un examen interne de l’appareil reproducteur permet d’évaluer les glandes sexuelles accessoires, tandis qu’un examen externe permet d’évaluer les testicules, les épididymes, le fourreau, le pénis et le scrotum. Une circonférence scrotale plus importante est associée à une production accrue de spermatozoïdes, à une meilleure qualité du sperme et à une puberté plus précoce chez les femelles. Les bénéfices augmentent avec la taille du scrotum jusqu’à environ 38 cm, sans gain supplémentaire au-delà de cette taille.
Évaluation du sperme — La qualité du sperme est évaluée au microscope en fonction de la motilité et de la morphologie.
La motilité désigne la capacité des spermatozoïdes à se déplacer ; on s’attend à ce que les taureaux présentent une motilité d’au moins 60 % ou une note « bonne ».
La morphologie évalue la forme et la structure des spermatozoïdes, car toute anomalie peut avoir un impact sur la fertilité.
Des facteurs tels que le stress, la maladie ou l’immaturité peuvent également affecter la qualité du sperme, ce qui fait de cette partie de l’évaluation globale une partie essentielle.
Saison de reproduction (environ deux à trois mois)
Les taureaux couvrent de grandes distances, fécondent les vaches et épuisent leurs réserves d’énergie, perdant facilement entre cent et deux cents livres au cours de la saison. Même un taureau bien préparé peut rencontrer des difficultés s’il n’est pas surveillé et si ses problèmes ne sont pas pris en charge.
De petits problèmes, comme un pied douloureux ou une blessure mineure, peuvent rapidement entraîner d’importantes pertes reproductives s’ils ne sont pas traités.
Surveiller et prendre en compte :
Le ratio taureaux/vaches (c’est-à-dire 1 jeune taureau pour 15 à 20 vaches, et 1 taureau mature pour 25 à 30 vaches)
La superficie et la configuration du pâturage, afin de garantir que les taureaux puissent se déplacer efficacement au sein du troupeau
Les signes de boiterie, de blessure ou de baisse de la libido
Phase de récupération après la reproduction (environ sept à huit mois)
Une fois la période de reproduction terminée, le travail n’est pas fini ; il devient simplement question de se concentrer sur la récupération. Les taureaux qui sortent de la période de reproduction amaigris ou blessés et qui ne sont pas pris en charge correctement ne parviennent souvent pas à récupérer à temps pour la saison suivante.
Prenez le temps d’évaluer et d’ajuster votre programme de gestion des taureaux :
Vérifiez à nouveau l’état corporel après la période de reproduction
Enregistrez les performances reproductives (p. ex., taux de gestation, taux de retour des vaches, etc.)
Abattez ou soignez les taureaux sous-performants au besoin
Pourquoi la gestion des taureaux est plus importante que vous ne le pensez peut-être ?
Il suffit d’un seul taureau à fertilité réduite pour compromettre discrètement toute une saison de reproduction, ainsi que la saison de vêlage qui suit.
Au bout du compte, un taureau n’est pas simplement un animal de plus. Il représente une partie de l’avenir génétique de votre troupeau. Le gérer comme un investissement à l’année plutôt que comme une nécessité saisonnière contribuera à maintenir votre programme de reproduction sur la bonne voie.
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