La meilleure attaque, c’est la défense : 15 stratégies pour protéger votre troupeau bovin 🎙️
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À mesure que l’humanité est passée d’une société nomade de chasseurs-cueilleurs à des populations sédentaires vivant de l’agriculture, ce n’est pas un hasard si les bovins domestiques ont joué un rôle majeur en tant qu’espèce d’élevage. Les bovins sont robustes et résistants, capables de se défendre contre de nombreux virus, bactéries et parasites potentiellement dangereux. Cela dit, en tant que responsables de leur bien-être, les éleveurs de bovins de boucherie peuvent, dans certaines situations, contribuer à alléger ce fardeau en mettant en place quelques mesures simples de prévention contre les maladies, afin de préserver la productivité et la santé de leurs troupeaux.
1. Terres de pâturage louées et pâturages partagés

Les éleveurs peuvent jouer un rôle proactif dans les situations de pâturage communautaire en veillant à ce que les animaux ayant une faible note d’état corporel ou présentant des signes de maladie potentielle ne soient pas envoyés dans un pâturage communautaire. Pendant qu’ils s’y trouvent, le personnel en charge du pâturage devrait suivre un protocole normalisé pour la vaccination, le dépistage et le traitement des maladies et il doit travailler en étroite collaboration avec un vétérinaire dès que la situation semble préoccupante.
N’oubliez pas que les bovins provenant de pâturages communautaires ou de location de terre de pâturage peuvent introduire dans votre exploitation des maladies indésirables, telles que celles provoquant des pertes fœtales, comme le virus de la diarrhée virale bovine (BVD) ou la rhinotrachéite infectieuse bovine (RIB), même s’ils semblent en bonne santé. Pour éviter de transmettre ces maladies au troupeau principal, il est recommandé de les isoler pendant 3 à 4 semaines avant de les réintégrer au groupe principal.
2. Contact avec la faune
Identifier les zones clés de l’exploitation agricole où les bovins de boucherie sont susceptibles d’entrer en contact avec la faune est un élément essentiel pour évaluer le risque de transmission de maladies infectieuses au troupeau. Par exemple, lorsque les bovins partagent des pâturages et des points d’eau avec d’autres ongulés, tels que les chevreuils et les wapitis, des maladies comme la tuberculose peuvent se propager entre les troupeaux. De plus, il convient également de limiter autant que possible tout contact étroit avec les oiseaux sauvages et les autres animaux sauvages, ainsi qu’avec leurs déjections, afin d’éviter toute contamination croisée entre les espèces.
3. Remorques et équipement partagés
Les agriculteurs travaillent souvent en collaboration pendant les périodes de forte activité afin d’optimiser leur temps et leurs ressources. Lorsque vous convenez avec un voisin de travailler ensemble, pensez à discuter des facteurs de risque liés à une éventuelle contamination croisée entre les exploitations et mettez tout en œuvre pour réduire ces risques au minimum. Parmi les mesures à prendre, on peut citer le fait de s’assurer que les deux troupeaux présentent un statut vaccinal et sanitaire similaire, ainsi que de nettoyer soigneusement le matériel partagé entre chaque utilisation.

4. Prêt de chevaux
Lorsque nous rendons service à nos voisins, nous pensons souvent à nettoyer nos remorques et à laver nos bottes, mais qu’en est-il des chevaux ? Lorsqu’un cheval a passé du temps au sein d’un troupeau voisin, il convient de prévoir suffisamment de temps et de prendre les mesures nécessaires pour s’assurer qu’il ne ramène pas d’agents pathogènes sur ses sabots ou dans ses voies respiratoires ; c’est pourquoi une certaine période de quarantaine est recommandée.

5. Expositions de bétail
La cohabitation de personnes, d’équipements et d’animaux lors d’événements 4-H, de foires locales, d’expositions de bétail et des marchés aux enchères représente un risque important pour les exploitations agricoles. Tout animal ou équipement revenant de ces événements doit être soigneusement nettoyé, désinfecté et mis en quarantaine.
6. Colostrum cru provenant d’autres exploitations
Le colostrum des vaches de votre propre troupeau présentera le meilleur profil d’anticorps pour protéger vos veaux contre les maladies présentes dans votre environnement. Le colostrum cru provenant d’autres exploitations, en particulier des exploitations laitières, peut ne pas contenir tous les anticorps nécessaires pour protéger votre troupeau contre les maladies qui le menacent.
Pire encore, il pourrait également contenir des virus, des bactéries ou des parasites dangereux qui ne sont pas encore présents dans votre environnement. L’introduction d’agents pathogènes tels que la grippe aviaire hautement pathogène, la paratuberculose, le Cryptosporidium et les organismes responsables de la diarrhée peut entraîner des conséquences désastreuses. Si vous avez des veaux qui ont besoin de colostrum mais que vous n’en disposez pas dans votre troupeau, optez plutôt pour du colostrum en poudre pasteurisé.
7. Travailleurs indépendants
Les prestataires de services agricoles se déplacent souvent d’une exploitation à l’autre pour fournir leurs services. Bien que cela soit pratique et permette souvent aux producteurs de gagner du temps, cela comporte également un risque si le prestataire ne respecte pas les recommandations en matière de biosécurité. Assurez-vous que tous les prestataires connaissent vos protocoles de biosécurité et qu’ils s’engagent à les respecter. Cela peut notamment impliquer de désinfecter les pneus, d’utiliser des bains de pieds et de porter des surchaussures dans l’exploitation.
8. Visiteurs de l’exploitation
Les proches et les amis qui ne vivent pas en milieu agricole sont souvent impatients de découvrir la ferme, et les éleveurs de bovins sont accueillants et aiment donner un aperçu de leur mode de vie. Lorsqu’on accueille des visiteurs à la ferme, il est tout aussi important de veiller à ce que des mesures simples soient prises pour protéger les animaux. Il peut s’agir notamment de laver ses bottes, de se changer de vêtements et de se laver les mains.
9. Veaux orphelins
Les conséquences économiques liées au fait d’avoir une vache tarie pendant la saison sont importantes. C’est pourquoi il est tentant d’adopter un veau provenant d’une autre exploitation pour le confier à une vache prête à l’accueillir. Cependant, les risques l’emportent sur les avantages.
Les veaux orphelins sont porteurs de tous les agents pathogènes auxquels ils ont été exposés dans leur exploitation d’origine. Ces agents pathogènes ne nuiront peut-être pas au veau orphelin, car celui-ci bénéficie d’une immunité acquise grâce à son contact avec le troupeau d’origine. Ces mêmes agents pathogènes peuvent toutefois être inconnus de votre troupeau et entraîner des conséquences dévastatrices pour vos vaches et vos veaux, sous la forme d’épidémies de diarrhée ou de problèmes de reproduction.
10. Prestataires de services
Les vétérinaires, les conseillers en alimentation animale et les nutritionnistes ont les meilleures intentions lorsqu’ils vous prodiguent des conseils essentiels pour aider votre troupeau à rester en bonne santé et à assurer la rentabilité de votre exploitation. Comme ils se déplacent souvent d’une exploitation à l’autre, il est crucial qu’ils respectent les protocoles de biosécurité lorsqu’ils entrent et sortent de l’exploitation.
11. Bétail loué
L’engraissement à forfait et le bétail loué peuvent contribuer à accroître les revenus au besoin. Les animaux qui ne proviennent pas de votre troupeau devront être mis en quarantaine et soumis au même programme de vaccination que le reste du troupeau, en consultation avec votre vétérinaire, avant d’y être pleinement intégrés.
12. Achats d’animaux
Les taureaux, les génisses de remplacement et tout autre animal nouvellement acheté ne bénéficieront pas de la même immunité que votre troupeau habituel. Ils doivent être correctement vaccinés et mis en quarantaine afin d’éviter qu’ils ne transmettent des maladies à votre troupeau, ou inversement.
13. Vaches nourrices empruntées ou achetées
Les vaches nourrices peuvent constituer une menace importante pour la santé de votre troupeau en introduisant de nouveaux agents pathogènes auxquels vos veaux et vos vaches pourraient ne pas être immunisés. Lorsque vous acquérez une vache nourrice provenant d’une autre exploitation, il est essentiel de prévoir suffisamment de temps pour la mettre correctement en quarantaine et évaluer son état de santé.
14. Différentes espèces d’animaux d’élevage
Ce n’est pas parce qu’un animal appartient à une espèce différente qu’il ne peut pas être porteur de maladies ou les transmettre au troupeau de vaches. Il convient donc de faire preuve de prudence lors de l’introduction de nouvelles espèces dans l’exploitation, telles que des petits ruminants comme des moutons et des chèvres ainsi que des porcs et des chevaux.
15. Contact au niveau de la clôture et partage des points d’eau
Si vos vaches partagent une clôture ou un point d’eau avec un troupeau voisin, leurs problèmes deviennent les vôtres. Il faudra tenir compte de tout bovin se trouvant de l’autre côté de la clôture ou s’abreuvant au même point d’eau lors de l’évaluation des risques et de l’élaboration des protocoles de vaccination.
Même s’il n’est pas possible de toujours protéger votre troupeau contre tous les risques, le fait d’identifier les failles potentielles de votre plan de biosécurité peut vous aider à mettre en place des changements raisonnables dans la gestion de votre élevage et à élaborer des protocoles sanitaires et de vaccination qui protègent efficacement votre troupeau.
POUR EN APPRENDRE PLUS :
- Think You Have a Closed Herd? (article de blog du CRBB; actuellement disponible qu’en anglais.)
- Biosecurity (page thématique du CRBB; actuellement disponible qu’en anglais.)
- Until the Cows Come Home: Five Strategies to Stop Sickness Before It Starts This Fall (article de blog; actuellement disponible qu’en anglais)
- La fièvre aphteuse (page thématique du CRBB)
- Stopping Johne’s Disease in Its Tracks: What’s the Best Testing Strategy for Your Herd? (article de blog du CRBB; actuellement disponible qu’en anglais)
- Bovine TB: Understanding the Disease and How It Is Managed in Canada (article de blog; actuellement disponible qu’en anglais)
- Getting the Dirt on Cleaning vs. Disinfecting (article de blog; actuellement disponible qu’en anglais)
- Vaccination Resources (article de blog; actuellement disponible qu’en anglais)
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