Multiplier les bonnes décisions pour garder les veaux en bonne santé 🎙️
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Cet article rédigé par le Dr Reynold Bergen, directeur scientifique du BCRC, a été initialement publié dans le numéro de Février 2024 du magazine Canadian Cattlemen et est reproduit sur BeefResearch.ca avec la permission de l’éditeur.

La chronique du mois dernier présentait certaines des pratiques recommandées qui, selon 11 études à grande échelle, se sont révélées les plus efficaces pour réduire la mortalité pré-sevrage chez les veaux de boucherie à l’échelle mondiale. Plus de la moitié de ces études avaient été menées au Canada, mais seulement trois de ces études canadiennes avaient été réalisées au cours des 20 dernières années. Le Canada est un pays immense, et la taille des troupeaux ainsi que les dates de vêlage ont évolué au cours des deux dernières décennies. Alors, quelles sont les pratiques de vêlage les plus efficaces pour les producteurs vache-veau canadiens en 2026 ?
Claire Windeyer, d’ACER Consulting, et ses collègues de l’Université de Calgary et du Western College of Veterinary Medicine ont mené une enquête auprès des producteurs participant au Réseau canadien de surveillance vache-veau (C3SN) afin d’identifier les pratiques à la ferme qui réduisent le risque d’éclosions de diarrhée, de pneumonie et de mortalité chez les veaux de boucherie canadiens (Benchmarking management practices that impact calf morbidity and mortality in Canadian beef cow-calf herds) (https://doi.org/10.1016/j.prevetmed.2025.106725).
Ce qu’ils ont fait
Les producteurs participant au C3SN (84 provenant de la Colombie-Britannique et des Prairies, et 41 de l’Ontario, du Québec et des Maritimes) ont répondu à un sondage. Nous avons demandé aux producteurs s’ils avaient connu une éclosion de diarrhée ou de pneumonie chez les veaux avant le sevrage (au moins 5 % des veaux traités) ou de mortalité (au moins 5 % des veaux morts) au cours des trois dernières années. Les réponses à des questions supplémentaires concernant les pratiques de gestion du troupeau ont été comparées entre ceux qui avaient connu une ou plusieurs éclosions et les producteurs qui n’en avaient pas connu.
Ce qu’ils ont appris
Les éclosions étaient tout aussi fréquentes dans l’ouest que dans l’est du Canada. Sur les 125 éleveurs interrogés, 24 % ont déclaré avoir connu une éclosion de diarrhée au cours des trois dernières années, 26 % une éclosion de pneumonie et 8 % une éclosion entraînant une mortalité. La plupart des éclosions entraînant une mortalité étaient associées à des éclosions de diarrhée, de pneumonie ou aux deux. Plus de 40 % des troupeaux ont connu au moins une éclosion entre 2019 et 2021.
Les éclosions de diarrhée étaient plus fréquentes dans les troupeaux où les vaches et les génisses mettaient bas ensemble dans le même pâturage (pratique adoptée par 29 % des éleveurs de l’Ouest et 15 % de ceux de l’Est) que dans les troupeaux où les vaches et les génisses mettaient bas dans des pâturages distincts. Les éclosions de diarrhée étaient également plus fréquentes dans les troupeaux où toutes les génisses étaient maintenues dans la zone de vêlage jusqu’à la fin de la saison de vêlage (pratique adoptée par 14 % des éleveurs de l’Ouest et 44 % de ceux de l’Est).
Les éclosions de diarrhée n’étaient pas plus fréquentes dans les troupeaux qui mettaient bas régulièrement à l’intérieur. Cependant, la diarrhée était plus probable dans les troupeaux qui faisaient rentrer les vaches à l’intérieur pour mettre bas seulement en cas de conditions météorologiques extrêmes (pratique adoptée par 45 % des éleveurs de l’Ouest et 10 % de ceux de l’Est). La raison de ce phénomène n’était pas claire.
Les éclosions de diarrhée étaient également plus fréquentes dans les troupeaux où les bovins étaient vaccinés avant leur intégration. Cela ne signifie pas pour autant que la vaccination provoque la diarrhée. Plus de troupeaux de l’Ouest canadien (51 %) vaccinaient les bovins avant leur intégration dans le troupeau que ceux de l’Est (32 %), mais seulement 24 % des troupeaux ont connu une éclosion de diarrhée, tant dans l’Ouest que dans l’Est du pays. Il est plus probable que les troupeaux qui ont plus d’expérience avec la diarrhée sont vigilants quant à la vaccination des nouveaux arrivants pour gérer la maladie. Comme le dit Cheryl Waldner, « la vaccination ne provoque pas la diarrhée, mais la diarrhée peut inciter les éleveurs à vacciner ». Le moment choisi est également important : l’achat de nouveaux animaux pour le troupeau dans le mois suivant le vêlage est un facteur de risque connu pour la santé des veaux.
Les éclosions de pneumonie étaient plus fréquentes dans les 25 % des troupeaux de l’Ouest et de l’Est qui avaient loué des taureaux pendant au moins une saison. D’autres recherches menées par le C3SN ont montré que les taureaux sont moins susceptibles d’être vaccinés que le reste du troupeau ; ils pourraient donc constituer un cheval de Troie, exposant des troupeaux bien vaccinés à des agents pathogènes respiratoires. Le partage de taureaux peut également être un indicateur général de risques accrus en matière de biosécurité.
Les éclosions de mortalité étaient plus fréquentes lorsque les vaches mettaient bas dans la même zone où elles avaient passé l’hiver (pratique adoptée par 34 % des troupeaux de l’Ouest et 70 % de ceux de l’Est), ou lorsque toutes les génisses restaient dans la zone de vêlage jusqu’à la fin de la saison de vêlage (pratique adoptée par 14 % des troupeaux de l’Ouest et 44 % de ceux de l’Est). Contrairement à ce qui était prévu, le risque d’éclosions de mortalité était plus élevé lorsque toutes les vaches et génisses mettaient bas dans un seul grand pâturage (pratique adoptée par 43 % des troupeaux de l’Ouest et 32 % de ceux de l’Est). Les grands pâturages permettent aux bovins de se disperser davantage (ce qui est une bonne chose), mais rendent également les veaux malades plus difficiles à repérer et à soigner.
Qu’est-ce que tout cela signifie pour vous ?
Les veaux nouveau-nés sont vulnérables et précieux. Assurer leur survie commence bien avant leur naissance. Vacciner le troupeau et répondre à ses besoins nutritionnels tout au long de l’hiver permet de garantir que les vaches mettent bas en bonne condition physique et produisent un colostrum de haute qualité pour offrir à leur veau un bon départ. Mais les agents pathogènes sont toujours présents, et moins les veaux sont exposés à une population animale dense et au fumier, plus ils ont de chances de survivre et de s’épanouir. Veillez à ce que la zone de vêlage soit aussi propre que possible, que ce soit en évitant de faire vêler les vaches dans les zones d’hivernage, en installant des brise-vent et une litière abondante, en séparant les vaches et les génisses lors du vêlage, ou en déplaçant les vaches et les veaux du pâturage de vêlage vers un pâturage réservé aux veaux nouveau-nés un jour ou deux après la naissance.

Vous ne pouvez pas prévenir toutes les éclosions, tout simplement parce que vous ne pouvez pas contrôler la météo. Les éleveurs participant au C3SN sont des éleveurs progressistes qui travaillent en étroite collaboration avec leurs vétérinaires et tiennent des registres rigoureux, et 40 % d’entre eux ont tout de même connu une éclosion de diarrhée, de pneumonie et/ou de mortalité au cours des trois dernières années. Mais vous pouvez réduire le risque d’éclosions en contrôlant ce que vous pouvez.
En bref
En somme, il s’agit de ce que Stephen Hughes, éleveur à Longview, appelle « multiplier les bonnes décisions ». Faire ce qu’il faut de la bonne manière n’empêche pas tous les problèmes à chaque fois, mais cela contribue certainement à ce que les choses se passent mieux la plupart du temps.
Le Beef Cattle Research Council est une organisation industrielle à but non lucratif financée par le Prélèvement national sur les bovins de boucherie. Le BCRC s’associe à Agriculture et Agroalimentaire Canada, aux groupes provinciaux de l’industrie bovine et aux gouvernements afin de faire progresser le transfert de la recherche et de la technologie à l’appui de la vision de l’Industrie canadienne du bœuf, qui est d’être reconnue comme un fournisseur privilégié de bœuf, de bovins et de génétique sains et de haute qualité. Apprenez-en davantage sur le BCRC sur le site www.beefresearch.ca/fr.
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