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Reconstitution du cheptel avec des génisses élevées sur place contre acheter des animaux reproducteurs

beef producer on horseback checking cattle in lot

Ceci est un article rédigé par Huiting Huang, analyste de recherche chez Services de recherche Canfax.

La grave sécheresse, le coût élevé des aliments pour animaux et leur disponibilité limitée en 2021 ont contraint de nombreux producteurs à liquider une partie de leur troupeau de vaches. L’une des conséquences de la réduction du troupeau est l’augmentation du coût par vache, car les coûts indirects sont répartis sur un nombre moins important d’animaux. Par conséquent, lorsque les aliments pour animaux sont disponibles et que la qualité et la quantité des pâturages le permettent, il est souhaitable de reconstituer le troupeau afin d’utiliser efficacement les ressources disponibles (telles que les terres, la main-d’œuvre, les installations et la machinerie) et de minimiser la perte de capital.

Compte tenu des différentes conditions de sécheresse à travers le pays, les producteurs auront probablement des plans et des échéanciers différents pour la reconstitution de leurs troupeaux. Certains pourraient prévoir de reconstituer leurs troupeaux en 2022 si la sécheresse s’atténue, mais ceux qui sont confrontés à une sécheresse prolongée pourraient avoir besoin de plus de temps pour que les pâturages se rétablissent.

Se remettre d’une sécheresse est une période difficile qui nécessite des décisions stratégiques tenant compte des compromis entre les différentes options de reconstitution du cheptel des points de vue économique, de la performance animale et de la productivité des terres.

Afin de mieux comprendre les différentes options de reconstitution, Services de recherche Canfax a mené une analyse axée sur les compromis économiques potentiels de la reconstitution avec des génisses élevées sur place ou avec des reproducteurs achetés.

Ce qu’ils ont fait :

L’étude a utilisé les données de 17 fermes de référence touchées par la sécheresse appartenant au Réseau canadien des coûts de production vache-veau et a estimé l’échéancier, les coûts, la rentabilité et les flux de trésorerie de la reconstitution du cheptel entre 2021 et 2029 (période de 10 ans) pour ces fermes si elles :

  • Maintenaient la taille de leur troupeau en 2021
  • Réduisaient la taille de leur troupeau de vaches en 2021 et conservaient toutes les génisses au cours des années suivantes jusqu’à ce que le troupeau retrouve sa taille initiale
  • Achetaient des génisses pleines pour reconstituer le cheptel, les prêts bancaires associés devant être remboursés dans un délai de cinq ans

L’étude a utilisé l’approche de modélisation agri-référence (A New Approach to Cost of Production Benchmarking) et suppose que les prix des bovins et des aliments pour animaux de 2021 à 2029 suivront une tendance similaire à celle observée entre la fin des années 1980 et le début des années 1990 après la sécheresse de 1985, où les prix des génisses pleines et des veaux ont atteint leur sommet deux ans après la sécheresse.

Ce qu’ils ont appris :

Les principaux points à retenir sont résumés dans le tableau ci-dessous, suivis d’explications supplémentaires.

Taux de réforme : le maintien de la taille du troupeau et l’achat d’aliments pour animaux en 2021 sera probablement le plus rentable sur une période de 10 ans, si l’on parvient à trouver des aliments pour animaux.

Génisses élevées sur placeAchat de génisses pleines
Temps pour reconstituer

plus lent 

plus rapide 

Coût par vache (taux de réforme de 25 %, 50 % et 75 %) Moyenne sur 10 ans 

plus bas  

plus élevé

Bénéfice total de l’exploitation (taux de réforme de 25 % et 50 %) Moyenne sur 10 ans 

plus élevé

plus bas 

Bénéfice total de l’exploitation (taux de réforme de 75 %) Moyenne sur 10 ans 

plus élevé

plus élevé  

Bénéfice de l’atelier vache-veau (taux de réforme de 25 %, 50 % et 75 %) Moyenne sur 10 ans 

plus élevé  

plus bas

Flux de trésorerie et coût en capital 

déficit moins grave 


moins d’intérêts à payer  

déficit plus grave  


plus d’intérêts à payer 

Le maintien de la taille du troupeau pendant une année de sécheresse entraîne un coût par vache moins élevé à long terme que d’autres stratégies prévoyant un taux de réforme de 25 à 75 %, car les économies d’échelle sont maintenues. Cependant, cela devrait changer en cas de sécheresse pluriannuelle.

Beef heifers at a water tank at sunset

Échéancier de reconstitution : L’achat de génisses pleines pour reconstituer le cheptel est plus rapide que l’utilisation de génisses élevées sur place lorsque le taux de réforme était élevé pendant l’année de sécheresse.

Avec un taux de réforme de 25 % en 2021, les 17 fermes de référence devraient toutes atteindre leur taille de troupeau initiale en 2023, après deux années de reconstitution du troupeau à l’aide de génisses élevées sur place et de remplacements achetées. Avec un taux de réforme de 50 %, il faut deux ans pour reconstituer le cheptel avec des génisses de remplacement achetées, contre trois à quatre ans avec des génisses élevées sur place. Avec un taux de réforme de 75 %, il faut deux ans pour reconstituer le cheptel en achetant des génisses de remplacement, contre trois à six ans avec des génisses élevées sur place.

Lorsqu’un taux de remplacement normal était utilisé, la reconstitution prenait dix ans ou plus, entraînant une sous-optimisation des ressources en pâturage. Par conséquent, on a supposé que toutes les génisses étaient conservées pour la reconstitution. En réalité, toutes les génisses ne répondent pas aux critères de qualité requis pour le remplacement. Cela signifie que l’utilisation des génisses conservées pour la reconstitution prendrait plus de temps que prévu.

Coût et rentabilité : L’achat de génisses pleines a entraîné un coût par vache plus élevé et une rentabilité moindre par rapport aux génisses élevées sur place au cours de la période de 10 ans, sauf lorsque le taux de réforme était très élevé.

Coût et rentabilité : L’achat de génisses pleines a entraîné un coût par vache plus élevé et une rentabilité inférieure à l’achat de génisses élevées sur place sur une période de 10 ans, sauf lorsque le taux de réforme était très élevé.

Coût en capital et flux de trésorerie : L’achat de génisses pleines nécessite dans la plupart des cas de contracter une dette. Les déficits de flux de trésorerie sont plus importants et les paiements d’intérêts sont plus élevés que dans le cas d’une reconstitution avec ses propres génisses.

Le flux de trésorerie peut être perturbé par des fluctuations importantes des coûts, comme l’achat de génisses pleines à un prix élevé. Même si cela est justifié sur le plan économique, le flux de trésorerie à court terme peut poser un défi lorsqu’il y a des fluctuations importantes entre une année « normale » et l’année d’achat où le repeuplement est possible.

L’analyse n’est pas une analyse exhaustive de toutes les options de reconstitution du cheptel, mais elle met en lumière certaines des stratégies clés d’un point de vue économique lors de la planification de la reconstitution.

Qu’est-ce que cela signifie pour moi ?

heifers on grass with blue sky

L’achat de génisses pleines peut être une option de reconstitution plus rapide mais plus risquée, compte tenu des déficits potentiels de flux de trésorerie et de la volatilité des prix des bovins. Il peut être utile d’avoir un plan et de discuter avec des banquiers et des conseillers financiers lorsque le moment vient de reconstituer votre cheptel.

La reconstitution en conservant des génisses de remplacement est plus lente que l’achat de génisses pleines, mais elle comporte moins de risques financiers. Cela dit, le développement de génisses de remplacement a un coût important. Premièrement, la réduction des revenus provenant de la vente au sevrage. Deuxièmement, les coûts et les ressources nécessaires à l’élevage et à la reproduction des génisses de remplacement. Décortiquer la situation financière de l’exploitation et les ressources disponibles à allouer à la reconstitution du troupeau peut aider à trouver les taux de remplacement appropriés pendant la phase de reconstitution.

La reprise après la sécheresse pourrait être un long processus et de nombreuses décisions devront être prises. L’économie n’est qu’une pièce du casse-tête. La gestion des pâturages, la génétique, la performance des bovins, la biosécurité ainsi que la santé mentale et la tolérance au risque des producteurs sont tous des facteurs importants pour déterminer quand et comment reconstituer le troupeau de vaches.

Ressources supplémentaires sur la gestion de la sécheresse et la reprise après la sécheresse :

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