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Déclaration de l'Industrie canadienne du bœuf concernant les compressions budgétaires d'AAC dans la recherche

BCRC and Association canadienne des bovins

DÉCLARATION PUBLIQUE 

L’Association canadienne des bovins (ACB) et le Beef Cattle Research Council (BCRC) s’inquiètent des réductions budgétaires imposées par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) qui touchent les fermes, les installations, les programmes et l’expertise en recherche à Nappan (Nouvelle-Écosse), à Québec (Québec) et à Lacombe (Alberta). Nous reconnaissons les pressions financières auxquelles fait face le gouvernement fédéral, mais ces compressions entraîneront des répercussions considérables pour les éleveurs de bovins, l’industrie du bœuf, les consommateurs et les efforts du Canada pour stimuler la croissance économique et diversifier les marchés d’exportation.

Au cours de la dernière décennie, les producteurs de bœuf canadiens ont augmenté leurs propres contributions à la recherche de plus de 600 %, considérant la recherche comme un investissement dans la croissance économique et la compétitivité futures. La recherche pour le bien public reste essentielle lorsque les incitations du marché sont limitées ou qu’une expertise indépendante est nécessaire pour la réglementation, le commerce et la confiance des consommateurs. Il est particulièrement important de maintenir la capacité nationale d’AAC dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la qualité et du classement des carcasses, ainsi que de la sélection et de la gestion du fourrage.

« Les producteurs de bœuf canadiens comptent sur un réseau de recherche public stable et performant pour leur fournir les outils, les données et les innovations qui permettent aux exploitations agricoles de rester résilientes, d’assurer la sécurité alimentaire et de maintenir la compétitivité de notre secteur », a expliqué Tyler Fulton, président de l’ACB. « Lorsque les capacités de recherche sont perdues, elles ne sont pas rapidement reconstituées. Les éleveurs de bovins et le public en paient le prix pendant des années, voire des décennies. »

Conséquences négatives pour la recherche sur le bœuf et les fourrages

Le fourrage est le fondement de l’industrie bovine. Le Canada ne peut avoir une industrie du bœuf compétitive ni répondre efficacement aux priorités de l’industrie sans fourrages abondants et productifs. La capacité de continuer à développer ces programmes essentiels a été perdue avec la fermeture des stations de recherche de Lacombe, Nappan et Québec.

Les travaux approfondis menés au Centre de recherche et de développement de Lacombe sur les pratiques de pâturage prolongé ont permis aux producteurs de réduire leurs coûts d’alimentation hivernale et de survivre à la crise de l’ESB. Alors qu’un petit nombre de producteurs de bœuf avaient commencé à s’essayer à cette pratique, les conseils clairs du Dr Vern Baron, de l’AAC Lacombe, ont permis à d’autres producteurs de la mettre en œuvre au moment où elle était le plus nécessaire.

Ces dernières années, le Dr Baron a commencé à collaborer avec des chercheurs d’AAC au Québec, sous la direction des Dres Annie Claessens et Annick Bertrand, afin de mettre au point des variétés de luzerne à haut rendement et résistantes à l’hiver. À AAC Nappan, les Drs Yousef Papadopoulos, John Duynisveld et Kathleen Glover se sont concentrés sur les stratégies de fourrage et de pâturage adaptées au climat et aux sols acides uniques du Canada atlantique. Parmi leurs nombreuses réalisations, ils ont mis au point des programmes de gestion du pâturage pour l’est et l’Atlantique du Canada et ont sélectionné des variétés améliorées de trèfle, de trèfle rouge et de luzerne (par exemple, AAC Trueman) qui ont été adoptées dans tout le pays. Ce programme de recherche a permis de mettre au point des mélanges fourragers plus productifs et plus économiques pour l’est du Canada, ainsi que des méthodes peu coûteuses pour rajeunir les pâturages, qui améliorent également la germination et l’établissement du fourrage. La collaboration entre ces sites d’AAC et les universités agricoles a donné naissance à un réseau hautement productif qui profite aux producteurs de fourrage et de bœuf de tout le pays. L’efficacité de ce réseau et les avantages qu’il procure aux producteurs de bœuf canadiens sont compromis par la perte de ces installations.

Le classement du bœuf est fondamentalement important pour la fixation du prix des carcasses de bœuf. Avec la fermeture de l’AAC Lacombe, le Canada a perdu son seul programme solide en science de la viande et ne disposera plus de l’expertise scientifique nécessaire pour traiter les questions d’équivalence des grades sur les marchés d’exportation étrangers vers lesquels le secteur canadien du bœuf espère se diversifier. L’équipe de chercheurs en classement du bœuf de Lacombe a mis au point la technologie de classement instrumental actuellement utilisée dans le monde entier. Le Dr Oscar Lopez-Campos, à Lacombe, est responsable depuis plusieurs années des améliorations apportées au système canadien de classement du bœuf, et travaille à l’harmoniser avec le système américain. Il a étudié des méthodes permettant d’aller au-delà des simples estimations de la « classe de rendement » et a mis au point des techniques de découpe des carcasses individuelles afin d’optimiser la valeur des coupes de chaque carcasse. Il a également développé une méthodologie permettant de convertir les grades de qualité des carcasses de bœuf canadiennes en équivalents japonais afin de soutenir les efforts de commercialisation du bœuf canadien.

La station de recherche de Lacombe accueillait également l’équipe chargée de la sécurité alimentaire, dirigée par la Dre Xianqin Yang. La recherche en matière de sécurité alimentaire permet de résoudre les problèmes avant qu’ils n’atteignent les consommateurs canadiens ou internationaux. Ce programme a permis d’élaborer et de valider des procédures utilisées par les usines de transformation pour laver les carcasses avec peau, rincer les carcasses et appliquer des méthodes de pasteurisation, ainsi que d’améliorer les méthodes de nettoyage des convoyeurs, des couteaux et d’autres équipements. Ces progrès ont contribué à une diminution significative des rappels de produits alimentaires liés à la bactérie E. coli O157:H7 au Canada. Après une importante épidémie d’E. coli en 2012, la Dre Yang a déterminé comment cuire en toute sécurité le bœuf attendri au moyen d’attendrisseur muni d’aiguilles afin que Santé Canada puisse l’étiqueter de manière appropriée. La sécurité alimentaire est un « obstacle non tarifaire au commerce » courant.

Nous reconnaissons pleinement les pressions budgétaires auxquelles fait face le gouvernement fédéral et comprenons que des réductions des dépenses sont nécessaires compte tenu de la situation sans précédent à laquelle le Canada est confronté. En prévision de cela, nous avons contacté AAC en demandant et en espérant que les priorités de l’industrie soient prises en considération. La suppression d’une expertise cruciale dans les domaines de l’amélioration génétique des fourrages, du classement des carcasses et de la sécurité alimentaire semble imprudente et pourrait entraîner des répercussions à long terme sur la stabilité et la pérennité de l’industrie canadienne du bœuf.

Que faire maintenant ?

La recherche est un investissement, pas une dépense facultative. Le BCRC estime que la décision de fermer les stations de recherche de Nappan, au Québec, et de Lacombe pourrait entraîner des conséquences néfastes à long terme pour notre industrie, notamment :

  • La perte potentielle d’une expertise impartiale et indépendante au Canada dans des domaines critiques tels que la sélection et la gestion des fourrages, la qualité du bœuf, le classement des carcasses et la sécurité alimentaire.
  • La perte potentielle de solutions innovantes et efficaces en matière de sélection et de gestion des fourrages, capables de répondre à des conditions défavorables telles que le froid, la sécheresse, les inondations et la mauvaise qualité des sols agricoles.
  • La perte potentielle de la capacité du Canada à répondre aux préoccupations et aux crises en matière de sécurité alimentaire à l’aide de données scientifiques et de plans d’action.
  • La perte potentielle de la capacité du Canada à moderniser son système de classement des carcasses de bœuf en réponse à l’évolution de la génétique, des pratiques de gestion, des préférences des consommateurs et des exigences du marché international.

Face à la perte de capacités essentielles dans ces domaines de recherche, le président du BCRC, Dean Manning, a déclaré : « L’efficacité devrait signifier une coordination plus intelligente du réseau national et non l’érosion d’un savoir-faire irremplaçable. Bien que l’objectif soit l’efficacité, la réalité est que le Canada perd sa capacité à générer les connaissances et les innovations qui permettent de maintenir et d’améliorer une production alimentaire durable et sûre. » Il a ajouté : « Je crois que les producteurs de bœuf canadiens sont prêts à s’associer pour trouver des solutions plutôt que de voir disparaître des capacités de recherche essentielles. »

L’ACB a demandé que, si la fermeture de ces installations est maintenue, les capacités et les programmes essentiels soient transférés comme indiqué ci-dessous.

  • Le maintien d’un programme national de recherche sur la qualité et la classification des carcasses est d’une importance cruciale. L’ACB demande que le programme du Dr Oscar Lopez-Campos soit transféré à une autre institution, telle que l’Université de Guelph, qui dispose d’un abattoir de recherche inspecté par le gouvernement fédéral.
  • Nous croyons comprendre que le poste de la Dre Xianqin Yang pourrait être transféré au Centre de recherche et développement de Lethbridge. L’ACB demande que cela soit confirmé afin de garantir qu’un soutien adéquat soit disponible pour maintenir les recherches essentielles menées dans le domaine de la sécurité alimentaire.
  • L’ACB demande que les programmes d’amélioration génétique des fourrages de Nappan et de Québec soient maintenus ou transférés, tout en veillant à ce que les chercheurs continuent d’avoir accès aux parcelles de sélection des fourrages ainsi qu’au soutien nécessaire.
  • Si AAC décide d’annuler des projets en cours de réalisation, l’ACB demande que les investissements réalisés par l’industrie soient remboursés.

L’Association canadienne des bovins et le Beef Cattle Research Council restent déterminés à collaborer de manière constructive avec le ministre MacDonald et les responsables de l’AAC afin de garantir le maintien des capacités de recherche essentielles, la bonne gestion des transitions et la réalisation des résultats escomptés pour les projets financés par les producteurs.

Pour plus d’informations, veuillez contacter : 

Tracy Herbert
Directrice de la mobilisation des connaissances et des communications 
Beef Cattle Research Council
306-850-5026 | [email protected]

Tina Zakowsky
Directrice des communications
Association canadienne des bovins
403-451-0931 | [email protected]

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