Mise en commun des ressources : un pâturage communautaire modernise ses systèmes d’abreuvement pour des bovins de boucherie en meilleure santé

Claire Sampson-MacDonald est présidente de Maple Brook Co-operative Pastures Ltd., un pâturage communautaire situé sur l’île du Cap-Breton, près de Maple Brook, en Nouvelle-Écosse. En Nouvelle-Écosse, les pâturages communautaires ont vu le jour dans les années 1960 et ont été gérés par les gouvernements provinciaux pendant des décennies ; mais aujourd’hui, la province est propriétaire des terres et la gestion de chaque pâturage est assurée par des organismes communautaires ou des coopératives.

Maple Brook Co-operative Pastures Ltd compte actuellement 22 membres et dispose d’environ 106 acres de terres défrichées consacrées au pâturage. La coopérative fait paître de 75 à 80 têtes de mai à novembre, mais souhaite augmenter ses effectifs à mesure que des améliorations sont apportées aux infrastructures et aux terres.

Infrastructures vieillissantes

Le pâturage de Maple Brook est situé sur une colline, avec un ruisseau qui traverse la partie la plus basse du pâturage. Pendant de nombreuses années, ce ruisseau a constitué la principale source d’eau pour l’ensemble de la zone de pâturage.

Cette approche de la gestion de l’eau a entraîné plusieurs problèmes :

  • Les bovins ne gagnaient pas autant de poids qu’ils auraient pu : l’unique point d’eau, situé dans un coin du pâturage, les obligeait à parcourir une longue distance pour s’abreuver, tandis que la zone près du ruisseau était pâturée de façon intensive, ce qui entraînait une utilisation inégale du terrain.
  • Avec des étés de plus en plus secs, le niveau d’eau du ruisseau baissait à la fin de l’été.
  • Le fait que les bovins aient un accès direct au ruisseau n’était pas idéal pour la protection de l’environnement et la propreté de l’eau.
BCRC economics of water systems calculator

Le Calculateur de la rentabilité des systèmes d’abreuvement du BCRC a été conçu pour estimer les coûts et les avantages économiques potentiels de systèmes d’abreuvement alternatifs comparativement à l’accès direct à l’eau d’un étang-réservoir.

Moderniser les infrastructures pour répondre aux besoins d’aujourd’hui

Vue aérienne du pâturage communautaire de Maple Brook. Photo gracieusement fournie par Claire Sampson-MacDonald.

À la suite du regain d’intérêt de la province pour les pâturages communautaires à travers la Nouvelle-Écosse, Maple Brook a été mise en relation avec Perennia Food and Agriculture Corporation, une agence provinciale de développement. L’équipe de Perennia a recommandé de développer des sources d’eau supplémentaires afin de pouvoir diviser le pâturage en parcelles plus petites, ce qui permettrait un pâturage plus intensif. Ils ont également recommandé de clôturer le ruisseau afin d’en limiter l’accès aux bovins, de préserver la qualité de l’eau et de réduire au minimum les risques pour l’environnement. En réponse, le gouvernement provincial a alloué des fonds aux pâturages dans le cadre du Programme de soutien aux pâturages communautaires, ce qui a permis à la coopérative de commencer à mettre en œuvre les changements nécessaires.

Un effort collectif

Les membres de la coopérative ont consacré du temps et de l’énergie à la mise en œuvre de ces changements, en complétant le financement reçu par Maple Brook. Ils ont également sollicité les conseils de Perennia concernant les pompes solaires et la conception d’un système d’approvisionnement en eau à partir de matériaux facilement accessibles.

Trois étangs ont récemment été aménagés pour capter les eaux de ruissellement de surface, avec des talus éviter qu’ils ne se comblent. L’eau est pompée depuis ces étangs à l’aide d’une pompe solaire équipée d’une batterie de secours, puis acheminée vers des réservoirs et enfin vers des abreuvoirs pour les bovins. De plus, le ruisseau est désormais en grande partie clôturé, ce qui limite l’accès des bovins.

L’un des trois nouveaux bassins de rétention des eaux de surface et de ruissellement à Maple Brook. Photo gracieusement fournie par Claire Sampson-MacDonald..
Les membres de la coopérative ont travaillé ensemble pour apporter des modifications au réseau d’alimentation en eau. 

Ajustements et projets pour l’avenir

Disposant désormais de plus d’une source d’eau, Maple Brook est en mesure de pratiquer le pâturage en rotation dans ses enclos, ce qui permet de mieux exploiter l’ensemble de ses pâturages. Cela a également amélioré l’état des pâturages grâce à une meilleure répartition du pâturage et du passage des animaux. La première année, il a été difficile de maintenir un débit suffisant pour que les abreuvoirs restent pleins, mais des modifications apportées à l’équipement afin d’augmenter le débit ont permis de résoudre le problème. Le nouveau système nécessite également une surveillance quotidienne sur place afin de résoudre tout problème éventuel. Les améliorations futures porteront sur l’optimisation de l’accès et du drainage autour de l’abreuvoir, ainsi que sur l’augmentation de sa capacité.

Dans l’ensemble, Maple Brook a rapidement constaté les avantages du nouveau système : « Ce qui m’a le plus surpris, c’est la rapidité avec laquelle nous avons constaté les effets bénéfiques sur la santé du troupeau. Dès le mois de juin de cette première année où nous avons installé les étangs, on voyait clairement que les bovins avaient pris plus de poids que les années précédentes, alors que nous n’étions même pas encore à la moitié de la saison de pâturage. »

Il est très utile de faire appel à des conseillers dont l’expertise peut aider à orienter le processus. Pour les producteurs ou les groupes confrontés à des défis similaires, adopter les changements recommandés par les experts peut rapidement s’avérer bénéfique.

Points clés à retenir en matière de gestion de l’eau

  • Veillez à ce que les bovins aient facilement accès à de l’eau propre et, si possible, alimentez un abreuvoir à l’aide d’une pompe.
  • Surveiller régulièrement les sources d’eau et les systèmes afin de résoudre tout problème qui pourrait survenir.
  • Installez des clôtures autour des points d’eau pour empêcher les bovins d’y accéder et éviter toute contamination.
  • Des conseillers sont à votre disposition pour vous aider à moderniser vos réseaux d’alimentation en eau.


Remerciements

Merci aux personnes suivantes d’avoir consacré temps et expertise à la révision du présent article et des ressources connexes : 

  • Kaley Segboer-Edge, coordonnatrice de VBP+ et responsable de l’intendance environnementale chez Alberta Beef Producers
  • Dre Mary-Jane Orr, directrice générale, Manitoba Beef & Forage Initiatives 
  • Dwayne Summach, spécialiste de la vulgarisation en élevage et alimentation animale, Ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan
  • Jaclyn Horenburg, spécialiste des relations avec les producteurs, Beef Farmers of Ontario 
  • Bree Patterson, spécialiste des programmes de conservation – Agriculture, Canards Illimités Canada
  • Katie Trottier, Spécialiste en élevage de ruminants, Perennia Food & Agriculture 
  • Geoff Larkin, coordonnateur de l’adaptation au changement climatique, Agri-Commodity Management Association 

Le partage ou la réimpression des publications du BCRC sont les bienvenus et sont encouragés. Veuillez mentionner le Beef Cattle Research Council, fournir l’adresse du site Web, www.BeefResearch.ca/fr, et nous faire savoir que vous avez choisi de partager l’article en nous envoyant un courriel à info@beefresearch.ca.

Le BCRC est financé par une partie du prélèvement national sur les bovins de boucherie.

Vos questions, commentaires et suggestions sont les bienvenus. Contactez-nous directement ou lancez une discussion publique en publiant vos idées ci-dessous.

Clôtures, filtres et gouttières : initiatives innovantes relatives à l'eau afin d'améliorer la santé du troupeau

Brian Windover et son fils Scott sont propriétaires et exploitants de Bayview Farms à Napanee, en Ontario. Leur exploitation comprend un troupeau commercial de 90 têtes de bovins Gelbvieh et Gelbvieh x Charolais certifié par Verified Beef Production Plus (VBP+). 

La ferme comprend 250 acres de pâturages avec des clôtures arborées et ouvertes. Deux des pâturages bordent Hay Bay, une baie du lac Ontario, et sont clôturés pour empêcher les bovins d’accéder à la baie.

Le maintien d’une bonne qualité de l’eau a toujours été une priorité absolue pour Bayview Farms, les amenant à mettre en œuvre plusieurs changements afin de réduire la contamination par le fumier et d’assurer un approvisionnement abondant en eau potable pour leurs bovins.

 

Un problème lié à la qualité de l’eau de réserve

La principale source d’eau potable pour les bovins provient d’un étang alimenté par une source qui alimente un puits. L’eau est pompée du puits vers des abreuvoirs dans la grange. Les bovins sont tenus à l’écart de l’étang par un talus de terre et des barrières en béton. Malgré cela, Brian et Scott ont remarqué que l’eau était décolorée et malodorante, en particulier après de fortes pluies.

Au fil du temps, à mesure que la ferme changeait et que les bâtiments étaient modifiés, de plus en plus de fumier s’accumulait dans la cour de la grange. Un point bas s’est formé près de la grange et à proximité de l’étang, où l’eau s’est accumulée. Le fumier a contaminé l’eau de surface, qui s’est infiltrée dans le sol et a affecté la qualité de l’eau de l’étang et du puits.

Photo gracieusement fournie par Brian Windover

Un bon nettoyage

Sachant qu’une mauvaise qualité de l’eau peut nuire à la santé et à la prise de poids des bovins, les Windover ont trouvé une solution raisonnable et rentable :

  • Un lit filtrant a été construit pour évacuer l’eau contaminée de l’étang et la filtrer.
  • Ajout de gravier clair de ¾ pouce dans le point bas près de la grange, ainsi que d’un tuyau perforé de 250 pieds avec du gravier clair de ¾ pouce.                     

Brian était un peu sceptique quant à l’efficacité de leur plan, mais à sa grande surprise, celui-ci a eu un impact immédiat. « Grâce au système de filtration que nous avons installé, la qualité de l’eau s’est améliorée presque instantanément. L’eau n’était plus brune, décolorée et malodorante », a-t-il déclaré.

Brian et Scott ont réalisé les travaux eux-mêmes, achevant la construction du lit filtrant pendant les mois d’été, alors qu’il n’y avait pas de bovins dans la cour. Les principaux coûts du projet comprenaient l’achat d’un tuyau Big “O” perforé, d’un chargement de roches propres et le temps qu’ils ont consacré à ce projet. Brian estime que cet investissement a été rentable, car l’amélioration de la qualité de l’eau a permis d’améliorer la santé et les performances des bovins.

La ligne pointillée délimite la zone du lit filtrant qui s’étend en diagonale devant la grange. L’étang se trouve à gauche, au-delà des hautes herbes. Photo gracieusement fournie par Brian Windover.
Barrières en béton et brise-vent avec de nouvelles pierres propres visibles contre la barrière (délimitées par la ligne pointillée). Auparavant, l’eau s’accumulait à ce point bas de la cour. Désormais, elle s’écoule à travers les pierres dans un tuyau perforé et s’évacue par le lit filtrant. Photo gracieusement fournie par Brian Windover.

Améliorer l’accès à l’eau de réserve : récupération de l’eau de pluie

Bien que Bayview Farms soit à deux pas de Hay Bay et du lac Ontario, le forage d’un puits dans ce secteur ne garantit pas un approvisionnement abondant en eau. Le secteur connaît également parfois des périodes de sécheresse. Cela a incité Brian à trouver une autre façon d’améliorer l’accès à l’eau en installant un système de captage d’eau sur deux des granges de l’exploitation : une grange principale de 50 pi x 100 pi et une annexe de 24 pi x 48 pi.

L’eau de pluie provenant des toits des granges est captée dans une gouttière, évacuée par un tuyau solide, puis pompée dans l’étang. Ce système simple a été couronné de succès, car il a permis d’augmenter la quantité d’eau disponible dans l’étang et de garder les zones autour de la cour au sec.

Points clés à retenir en matière de gestion de l’eau

  • Clôturer les étangs et autres sources d’eau afin d’empêcher les bovins d’y accéder directement et de les contaminer.
  • Surveiller les sources d’eau et traiter la contamination afin d’éviter des problèmes à long terme.
  • Des mesures rentables, telles que les systèmes de filtration et la récupération de l’eau de pluie, peuvent améliorer considérablement la qualité et la disponibilité de l’eau.

Remerciements

Nous remercions les personnes suivantes d’avoir consacré leur temps et leur expertise à la révision de cet article et des ressources connexes :

  • Dre Mary-Jane Orr, directrice générale, Manitoba Beef & Forage Initiatives 
  • Dwayne Summach, spécialiste en vulgarisation sur le bétail et des aliments pour animaux, ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan 
  • Jaclyn Horenburg, spécialiste des relations avec les producteurs, Beef Farmers of Ontario 
  • Bree Patterson, spécialiste des programmes de conservation – agriculture, Canards Illimités Canada 
  • Katie Trottier, spécialiste du bétail ruminant, Perennia Food & Agriculture 
  • Geoff Larkin, coordonnateur de l’adaptation aux changements climatiques, Agri-Commodity Management Association 
  • Kaley Segboer-Edge, coordonnatrice VBP+ et responsable de l’intendance chez ABP, Alberta Beef Producers

Le partage ou la réimpression des publications du BCRC sont les bienvenus et sont encouragés. Veuillez mentionner le Beef Cattle Research Council, fournir l’adresse du site Web, www.BeefResearch.ca/fr, et nous faire savoir que vous avez choisi de partager l’article en nous envoyant un courriel à info@beefresearch.ca.

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