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Choisir des génisses de relève🎙️

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Le développement des génisses est coûteux en raison des aliments pour animaux et du temps nécessaires, et les marges sur les veaux sevrés sont généralement faibles. Si une vache moyenne a besoin de ses cinq premiers veaux pour simplement s’autofinancer, l’abattre avant l’âge de sept ans n’est clairement pas rentable. Le fait de faire sevrer un veau chaque année à la plupart des vaches, pendant de nombreuses années sous votre gestion et dans votre environnement, est un facteur clé qui influence la rentabilité. Mais il est difficile de savoir quelles génisses deviendront des vaches rentables. Les candidates non rentables sont plus évidentes. Les génisses qui sont petites pour leur âge ou nées tard dans la saison de reproduction, nées jumelles d’un veau mâle, qui présentent des problèmes de conformation évidents ou qui sont les filles de vaches éliminées pour leur tempérament sont mieux envoyées au parc d’engraissement. Mais qui choisir parmi les autres ?

Certains producteurs utilisent une formule magique bien gardée pour identifier les génisses prometteuses, et leur stratégie fonctionne probablement aussi bien que la formule secrète de leurs voisins. D’autres producteurs éliminent les génisses qui ne conviennent manifestement pas, gardent les autres, les exposent à une saison de reproduction très courte, vendent les génisses d’un an non gestantes comme bovins d’engraissement et gardent les génisses gestantes.

John Basarab et Cameron Olson (Université de l’Alberta) ont étudié si les caractéristiques d’ingestion alimentaire chez les génisses sevrées peuvent aider à prédire leur productivité à l’âge adulte (Phenotypic and genetic correlations of beef replacement heifer feeding behaviour, feed intake and feed efficiency with cow performance and lifetime productivityDOI: 10.1111/jbg.12522).

Ce qu’ils ont fait

Cette étude s’est appuyée sur les données recueillies tout au long de la vie de 1 145 génisses Angus croisées nées entre 2005 et 2017 au Centre de recherche et développement de Lacombe d’AAC et à la station de recherche Roy Berg Kinsella de l’Université de l’Alberta. Dans ces deux endroits, les génisses sevrées ont été gardées dans un parc d’élevage et nourries avec un régime à base d’ensilage jusqu’à la mi-mai. Le poids individuel, le lard dorsal, l’ingestion alimentaire et l’ingestion alimentaire résiduelle (ingestion alimentaire ajustée en fonction de la taille et du lard dorsal) ont été mesurés pendant au moins 70 jours. Les génisses ont été mises en pâturage de la mi-mai à octobre et exposées à des taureaux pendant 45 jours (de la fin mai à la mi-juin).

À Lacombe, un groupe de vaches a été nourri avec de l’ensilage dans un parc d’élevage de mi-octobre à avril. L’autre groupe a été nourri par pâturage en andains de mi-octobre à février/mars (si les conditions le permettaient), puis nourri en confinement jusqu’au vêlage. Toutes les vaches ont été mises au pâturage à la mi-mai et exposées à des taureaux pendant 63 jours (de début juin à début août). Les vaches Kinsella sont restées au pâturage et ont reçu un complément de foin tout l’hiver. Le poids et le lard dorsal des vaches ont été mesurés au début de la saison de reproduction, et le poids des veaux à la naissance et au sevrage a été enregistré. Les génisses et les vaches ont été réformées si elles ne parvenaient pas à se reproduire (ou à se reproduire à nouveau), si elles perdaient leur veau ou si elles présentaient un tempérament, des performances, une conformation ou une structure mammaire inadéquats.

Le nombre de jours de chaque vache dans le troupeau (de la première saillie à l’abattage) et sa productivité totale à vie (poids total des veaux sevrés au cours de sa vie) ont été calculés, et les relations entre son ingestion alimentaire et son efficacité en tant que génisse et ses performances ultérieures en tant que vache ont été déterminées. Les informations généalogiques ont été utilisées pour mettre en évidence l’effet de la génétique (par opposition à l’environnement et à la gestion) sur les performances des vaches.

Ce qu’ils ont appris

La génétique a joué un rôle très mineur dans la détermination de la durée pendant laquelle la vache resterait dans le troupeau (4 %) ou de sa productivité totale au cours de sa vie (6 %). Cela signifie que les effets de l’environnement et les pratiques de gestion ont représenté les 96 % restants (jours dans le troupeau) ou 94 % (productivité totale au cours de la vie).

La génétique a joué un rôle plus important dans l’ingestion alimentaire (23 %) et l’ingestion alimentaire résiduelle (43 %) chez les génisses. Ils ont donc également calculé les relations génétiques entre ces caractéristiques d’ingestion alimentaire chez les génisses et leurs performances reproductives en tant que vaches. Les génisses ayant une prédisposition génétique à manger davantage avaient tendance à rester plus longtemps dans le troupeau (13 % des mêmes gènes influençaient les deux caractéristiques), mais devenaient des vaches légèrement plus lourdes qui mettaient bas et sevraient des veaux légèrement plus gros.

En revanche, les génisses présentant une prédisposition génétique à une ingestion alimentaire résiduelle plus élevée (c.-à-d. les génisses moins efficaces qui mangeaient plus que la moyenne mais ne grandissaient pas plus vite) avaient tendance à avoir une productivité à vie plus élevée (14 % des mêmes gènes influençaient les deux caractéristiques) et devenaient des vaches un peu plus grasses (mais pas plus lourdes), sans changement dans le poids des veaux à la naissance ou au sevrage.

Qu’est-ce que cela signifie… pour vous ?

Votre environnement et votre gestion sont les principaux facteurs qui influencent la longévité et la productivité à vie des vaches, et les deux vont de pair. Il s’agit de bien faire les petites choses. Par exemple, travailler avec un nutritionniste pour analyser le fourrage que vous cultivez (et parfois votre eau) et donner des suppléments si nécessaire afin de garantir que vos animaux reçoivent les nutriments dont ils ont besoin pour grandir, maintenir leur état corporel, porter et mettre bas un veau en bonne santé, produire suffisamment de colostrum et se reproduire. Vous pouvez aussi discuter avec votre vétérinaire pour vous assurer que vos vaccinations et autres pratiques préventives de gestion de la santé du troupeau sont adaptées aux maladies courantes dans votre région.

La sélection génétique, qui consiste à choisir les filles de vos vaches les plus productives pour les remplacer, est un moyen très lent d’améliorer les performances reproductives. Le croisement est la meilleure stratégie génétique pour améliorer les performances reproductives et la longévité des vaches commerciales. De nombreux éleveurs d’animaux reproducteurs possèdent plusieurs races. Si vous utilisez la même race de géniteurs depuis plusieurs générations, un éleveur réputé peut vous aider à identifier une option de croisement qui sera rentable pour votre génétique, votre environnement et votre gestion.

Le Beef Cattle Research Council (BCRC) est financé par le Prélèvement national sur les bovins de boucherie. Le BCRC travaille en partenariat avec Agriculture et Agroalimentaire Canada, les groupes provinciaux de l’industrie bovine et les gouvernements afin de faire progresser le transfert de la recherche et de la technologie à l’appui de la vision de l’Industrie canadienne du bœuf, qui est d’être reconnue comme un fournisseur privilégié de bœuf, de bovins et de génétique sains et de haute qualité.

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