Ne laissez pas les taux élevés de nitrates prendre votre troupeau par surprise 🎙️
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Les nitrates peuvent constituer un problème grave dans l’alimentation des bovins de boucherie lorsqu’ils sont consommés en grandes quantités. Comprendre le fonctionnement des nitrates, les raisons pour lesquelles ils représentent un risque et les moyens de les gérer peut vous aider à protéger à la fois vos bovins et vos résultats financiers.

Pourquoi une teneur élevée en nitrates pose-t-elle un problème pour les bovins de boucherie ?
Lorsque les nitrates (NO₃⁻) sont consommés à de faibles concentrations, les micro-organismes du rumen parviennent à les transformer efficacement en nitrites (NO₂), puis en ammoniac (NH₃) afin de produire des protéines. Cependant, si les nitrates sont consommés à de fortes concentrations, ce processus métabolique se trouve saturé, ce qui entraîne une accumulation de nitrites. Cet excès passe dans la circulation sanguine et se lie à l’hémoglobine, réduisant ainsi la capacité du sang à transporter l’oxygène.
Les symptômes ressemblent à ceux d’une intoxication au monoxyde de carbone et constituent une urgence médicale car les bovins peuvent mourir rapidement. Si vous pensez que vos bovins souffrent d’une intoxication aux nitrates, contactez immédiatement votre vétérinaire.
Quand les nitrates présentent-ils le plus grand risque ?
Les nitrates constituent le principal risque pour les bovins lorsque les plantes ont accumulé des concentrations supérieures à ce qui peut être transformé en protéines végétales – généralement dans des conditions de croissance difficiles telles que le stress thermique, la sécheresse, le gel et les dégâts causés par la grêle. Ces phénomènes entravent la capacité des plantes à métaboliser efficacement les nitrates. Des concentrations élevées de nitrates peuvent également résulter d’une fertilisation azotée excessive.
Les cultures annuelles comme le canola, le blé, le maïs, l’avoine, l’orge, le sorgho, l’herbe du Soudan, le millet et le seigle, de même que les mauvaises herbes courantes comme le kochia, le chardon, l’amarante, le chénopode blanc, la patience et le mélilot, sont plus susceptibles d’accumuler des nitrates. La récolte de cultures annuelles sous forme de fourrage sec mis en balles ou de fourrage vert peut présenter un risque particulier, puisque le processus de séchage ne réduit pas les concentrations de nitrates. Le pâturage de chaumes de plantes qui accumulent les nitrates, comme le canola ou le maïs, peut également présenter un danger. Le risque d’intoxication aux nitrates est beaucoup plus faible avec les fourrages vivaces. La luzerne, par exemple, emmagasine l’azote dans ses racines et ne le déplace vers le reste de la plante qu’au besoin.
Symptômes d’une intoxication aux nitrates chez les bovins
Les symptômes d’une intoxication aux nitrates comprennent :

- Baisse de l’appétit
- Faiblesse ou réticence à se déplacer
- Titubations
- Tremblements musculaires ou convulsions
- Avortements
- Gencives brunes et boueuses
- Détresse respiratoire
- Collapsus
- Mort
Prélèvement d’échantillons pour l’analyse des nitrates
Pour gérer efficacement la teneur en nitrates dans l’alimentation des bovins de boucherie, il est nécessaire de procéder à une analyse des aliments. La teneur en nitrates ne peut être déterminée que par une analyse en laboratoire. Tout aliment soupçonné de contenir des taux élevés de nitrates doit faire l’objet d’une analyse.
Un résultat d’analyse n’est fiable que si un échantillon de qualité a été soumis. Suivez les procédures recommandées pour le prélèvement des échantillons d’aliments.
Interprétation des teneurs en nitrates
Les différents laboratoires peuvent exprimer les teneurs en nitrates de différentes manières, par exemple en pourcentage de matière sèche (% MS), en parties par million (ppm) de NO₃⁻ ou en azote nitrique (NO₃⁻–N). Certains laboratoires offrent un test de dépistage, c’est-à-dire un test de « présence/absence », tandis que d’autres peuvent quantifier la quantité de nitrates présente dans l’aliment. Vérifiez auprès du laboratoire quel test est utilisé.
Voici les formules de conversion qui vous aideront à déterminer la teneur en nitrates de vos aliments pour animaux :
Travaillez en étroite collaboration avec votre nutritionniste pour interpréter les résultats d’analyse des nitrates et équilibrer les rations.
- Azote des nitrates (NO3-N) x 4.43 = Nitrate (NO3-)
- Nitrate de potassium (KNO3) x 0.613 = Nitrate (NO3-)
- Nitrate de sodium (NaNO3) x 0.729 = Nitrate (NO3-)
- Azote sous forme de nitrite (NO2-N) x 3.29 = Nitrate (NO3-)
Le niveau sécuritaire recommandé de consommation de nitrates chez les bovins est de < 0,5 % sur une base de matière sèche. Il s’agit du niveau dans la ration totale, c’est-à-dire les aliments et l’eau combinés. Le tableau ci-dessous fournit des lignes directrices pour interpréter les concentrations de nitrates :
Lignes directrices pour l’interprétation des analyses d’aliments
| Recommandation | Nitrate (NO3) | Azote des nitrates (NO3-N) | Nitrate potassium (KNO3) |
|---|---|---|---|
| Généralement sans danger pour le bétail. | <0.5% DM <5000 ppm | <0.12% <1200 ppm | <1% <10 000 ppm |
| Utiliser avec prudence. L’aliment devrait être mélangé à un fourrage à faible teneur en nitrates afin de réduire le risque. Éviter de le donner aux vaches gestantes. | 0.5-1.0% DM 5000-10 000 ppm | 0.1-0.2% 1000-2000 ppm | 1.0-1.6% 10 000-16 000 ppm |
| Dangereux. Risque élevé d’empoisonnement. Diluer considérablement l’aliment pour réduire l’apport en nitrates. | >1.0% de matière sèche ou plus >10 000 ppm | >0.2% DM >2000 ppm | >1.6% >16 000 |
Conseils de gestion en présence d’aliments à forte teneur en nitrates
- Effectuez un test avant de nourrir les animaux. Testez tous les aliments suspects afin de déterminer leur teneur en nitrates.
- N’oubliez pas l’eau. Les nitrates peuvent s’accumuler dans les sources d’eau et il convient de les analyser avant que le bétail ne les consomme. Consultez la page Web Systèmes d’abreuvement pour bovins de boucherie du BCRC pour plus d’informations sur la qualité de l’eau et les analyses.
- Évitez de donner ces aliments aux jeunes animaux, aux animaux affamés, aux vaches gestantes ou en lactation. Ces groupes sont plus susceptibles de souffrir d’une intoxication par les nitrates.
- Mélangez les aliments à forte teneur en nitrates. Mélangez-les avec des aliments à faible teneur en nitrates afin de réduire le risque d’intoxication. Si le mélange n’est pas possible, placez les aliments à faible teneur en nitrates au début de chaque ration et ajoutez ensuite les aliments à forte teneur en nitrates, afin de vous assurer que chaque animal a d’abord consommé les aliments à faible teneur en nitrates.
- Introduisez graduellement les aliments à forte teneur en nitrates. Laissez au rumen le temps de s’adapter à des concentrations modérées de nitrates au fil du temps. Attention : les bovins peuvent perdre rapidement leur tolérance aux aliments à teneur modérée en nitrates; il ne faut donc pas les servir de façon intermittente.
- Ajustez les pratiques de récolte. Envisagez d’augmenter la hauteur de coupe lors de la récolte afin d’éviter les tiges riches en nitrates.
- Retardez le pâturage. Attendez 10 à 14 jours avant de faire paître les fourrages ayant subi des conditions de stress afin de permettre aux nitrates de se dissiper. Attention : prolongez ce délai si les plantes subissent un nouvel épisode de stress.
- Assurez un apport énergétique suffisant. L’ajout d’un supplément à forte teneur en énergie, comme des céréales, peut aider le rumen à métaboliser plus efficacement les nitrates en protéines.
- Ensiler les aliments. L’ensilage peut réduire la teneur en nitrates mais la qualité du fourrage sera diminuée.Attention : faites effectuer des tests d’aliments avant de les distribuer car rien ne garantit que les aliments ensilés auront des concentrations sécuritaires.
Une gestion adéquate et des analyses des aliments sont indispensables pour garantir une utilisation sans risque des aliments à forte teneur en nitrates. L’essentiel est de connaître les valeurs avant que les aliments ne soient distribués dans les mangeoires.
REMERCIEMENTS :
Merci aux spécialistes de la vulgarisation en élevage et en alimentation animale du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan, ainsi qu’à la Dre Vanessa Cowan, DMV, du Western College of Veterinary Medicine, d’avoir partagé leur expertise sur ce sujet.
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