Les suppléments probiotiques peuvent-ils réduire le stress chez les veaux de boucherie ?

Titre de Projet

Using a bovine Lactobacillus mixture as a strategy to minimize beef calf stress

Des Cherchers

Dre Gleise Medeiros da Silva (Université de l'Alberta) gleise.silva@ualberta.ca

Dre Leluo Guan (Université de l'Alberta) ; Dre Maria Camila Ceballos Betancourt (Université de Calgary) ; et les Drs Tim McAllister, Karen S. Schwartzkopf-Genswein et Nilusha Malmuthuge (AAC, Lethbridge)

Le Statut Code de Project
Terminé en March, 2025 POC.14.22

Contexte

Les bovins de boucherie sont exposés à divers facteurs de stress susceptibles de nuire à leur santé et à leur productivité. Traditionnellement, les antibiotiques ont été utilisés pour traiter les maladies et à titre préventif, en particulier lors de périodes de stress intense, comme le sevrage. Face à la montée de la résistance aux antimicrobiens, d’autres stratégies sont en train d’être explorées afin d’améliorer la santé des veaux en réduisant leur stress et, ​ultimement, en diminuant le recours aux antibiotiques.

L’utilisation de bactéries bénéfiques, appelées probiotiques ou « psychobiotiques », pour influencer à la fois la santé intestinale et la physiologie liée au stress constitue un domaine d’intérêt émergent. Alors que la plupart des recherches sur les probiotiques menées chez les jeunes animaux se sont concentrées sur les veaux laitiers et nécessitent une alimentation quotidienne, les exploitations de bovins de boucherie ont besoin d’approches peu exigeantes en main-d’œuvre et économiques. L’administration tôt dans la vie d’un probiotique à base de bactéries lactiques d’origine bovine constitue un outil potentiellement pratique, mais ses effets sur la résistance au stress et le développement global des veaux restent à éclaircir. Comprendre si des interventions microbiennes précoces peuvent favoriser la santé des veaux est important pour améliorer leur bien-être et soutenir la productivité des troupeaux de bovins de boucherie.

Objectifs

  • Évaluer les effets d’un cocktail probiotique à base de bactéries lactiques administré dès le plus jeune âge à des veaux de boucherie et analyser son potentiel d’atténuation du stress pendant le processus stressant du sevrage.
  • Estimer les densités et les proportions de bactéries bénéfiques.
  • Évaluer les changements au niveau de la fonction immunitaire, de l’état de santé et de la croissance.
  • Mesurer les marqueurs métaboliques liés au stress.
  • Étudier les changements comportementaux, y compris les niveaux d’activité et le tempérament.

Ce qu’ils ont fait

Les chercheurs ont divisé au hasard 32 veaux de boucherie issus de croisements en deux groupes lors du traitement printanier (à l’âge de 2 mois). Un groupe a reçu deux doses du cocktail probiotique lors de ce traitement. L’autre groupe a reçu une solution saline à titre de témoin. Le poids corporel et de nombreux échantillons ont été recueillis à partir du jour de la première inoculation jusqu’à 14 jours après leur sevrage abrupt. Les données comprenaient :

  • Des prélèvements sanguins afin d’évaluer la fonction immunitaire et les marqueurs liés au stress, tels que le cortisol, la sérotonine et l’haptoglobine
  • Des échantillons de selles afin de déterminer si le probiotique s’était implanté avec succès à long terme
  • Les réactions comportementales des veaux face à des facteurs de stress tels que la manipulation
  • Des podomètres ont été utilisés pour surveiller l’activité des veaux (c’est-à-dire le nombre de pas effectués, ainsi que la durée passée en position couchée et debout) en réponse à un sevrage abrupt

Ce qu’ils ont appris

Réponses immunitaires et réactions au stress : comme prévu, le sevrage abrupt a entraîné une augmentation significative du nombre de monocytes (un type de cellule immunitaire). Le groupe ayant reçu des probiotiques n’a pas présenté de différences significatives dans le nombre de ses cellules immunitaires par rapport au groupe témoin, ce qui suggère l’absence d’effet significatif sur la fonction immunitaire.

Le taux de cortisol plasmatique (une hormone du stress) était plus faible, et celui de sérotonine (une hormone qui améliore l’humeur) plus élevé dans le groupe probiotique que dans le groupe témoin, ce qui suggère que les probiotiques ont peut-être contribué à atténuer les réponses au stress. Les veaux du groupe témoin présentaient des concentrations plus faibles en acides aminés nécessaires à la signalisation et aux réponses au stress, ce qui suggère qu’ils ont peut-être subi davantage de stress et ont dû utiliser davantage de ces acides aminés pour en atténuer les effets..

Comportement et réactivité : Le traitement probiotique n’a pas eu d’incidence sur le tempérament des veaux dans le couloir de contention ni sur la vitesse à laquelle ils en sortaient. Les niveaux d’activité après le sevrage, tels que le temps passé à marcher, à se coucher et à rester debout, n’ont pas présenté de différences significatives entre les groupes.

Croissance des veaux : le gain quotidien moyen et le poids corporel n’ont pas été influencés par le traitement probiotique.

Densités bactériennes fécales : les veaux traités aux probiotiques ne présentaient pas de nombre plus élevé de bactéries lactiques dans leurs selles par rapport aux veaux du groupe témoin, mais il est possible qu’il y en ait eu plus dans d’autres régions de l’intestin.

Ce que cela signifie

L’administration d’un cocktail probiotique à base de bactéries lactiques a contribué à atténuer certains marqueurs physiologiques du stress chez les veaux de boucherie, bien qu’aucun effet n’ait été observé sur la fonction immunitaire, le comportement ou la croissance. Le microbiote intestinal est complexe et soumis à une forte concurrence. Il est donc difficile pour une seule dose de probiotiques d’établir une population significative. L’administration du probiotique à la naissance, avant que le microbiote intestinal ne soit pleinement établi, aurait pu avoir un effet bénéfique plus important sur le stress, l’immunité et la croissance.